De volta ao futuro

Des hectares d’herbe et de fleurs parsemées de chênes, des kilomètres de clôtures, une immensité perdue au milieu de ce beau pays qu’est le Portugal. Un campo différent suivant sa région mais ayant un point commun: l’élevage de façon authentique, sans fundas et avec de l’herbe, beaucoup d’herbe et beaucoup d’espace. Quelques gamelles de pienso sont quand même présentes.

Un périple passant par le sud d’Evora avec Baleizão, São Manços, Zambujal do Conde et en remontant dans un premier temps vers le nord d’Evora direction de Montemor-O- Novo, avec un petit pincement au cœur pour Pedrogão. Et puis on continue vers Coruche, proche de Biscainho. Plus à l’ouest aussi vers Arraiolos et Vimiero.

En découvrant ces nouveaux élevages, nous avons découvert de nouvelles personnes remplies d’afición, de simplicité et de générosité. Être éleveurs au Portugal est un peu particulier, la plupart d’entre eux tiente à pied mais sort à cheval. Les débouchés sont essentiellement en touradas où les toros peuvent sortir deux fois et même être vendus dans les rues ensuite: après chaque tourada, il sont soignés puis quelques mois après ils peuvent ressortir avant de, pourquoi pas, intéresser certains organisateurs de fêtes populaires pour des spectacles dans les rues en Espagne.

Au Portugal, on découvre aussi la diversité des origines avec une prédominance pour l’élevage maternel que fut celui de Pinto Barreiros. Mais l’on constate également que le Domecq commence à venir empiéter dans les herdades. Quelques grands élevages hispaniques domecquisés viennent même investir sur ces terres lusitaniennes mais nous n’avons pas encore trouvé la réponse du pourquoi de ce choix, sans doute une question financière…  ces élevages sont issus de croisements, Conde de la Corte – Atanasio Fernandez, du Murube – Urquijo, de Cebada Gago, mais aussi des toros de la terre avec du Saltillo.

Dans tous les cas, nous avons rencontré des toiros ou touros forts, finement armés et de présentation faisant peur à n’importe quel veedor de figuritas. Il est bien dommage de ne pas avoir la chance de découvrir ce que pourraient donner ces pensionnaires du Sud-ouest de l’Europe, car peu ou aucun organisateur/empresario n’ont eu l’idée ou même la volonté, voire la curiosité de pousser leurs jolies Mercedes, Audi, BMW, ou petites Peugeot sur ces routes-là.

De nos jours programmer un nouveau torero est audacieux, découvrir un nouvel élevage est proche de l’irréel, alors si nous pouvions rêver un peu et faire un retour vers le futur en découvrant ou revoyant des toiros ou touros de ce si beau pays.