Adishatz Fandiño

Il nous a quittés très, trop rapidement. Il est parti en exerçant son métier, sa passion, sa drogue. Il a rejoint les trop nombreux toreros disparus précipitamment. Il était un matador de Toros, de Tous les Toros. Il s’est envoyé tous les ganaderías les plus dures: Cuadri, Adolfo Martín, Partido de Resina (Pablo Romero), Palha, Dolores Aguirre, Victorino Martín, Escolar Gil, Cebada Gago, La Quinta… Et c’est un Ibán qui a enlevé Iván.

Nous avions eu la chance de le découvrir à Orthez lors de cette grande corrida de Dolores Aguirre en 2010. Il n’était pas très connu alors, beaucoup l’avaient découvert pour la première fois. Il avait réalisé les plus beaux muletazos de la tarde avec beaucoup d’élégance, de classicisme, et surtout d’envie de montrer au public et aux professionnels présents qu’il allait falloir compter sur lui pour le futur. Il avait là aussi gouté au sable du Pesqué puisque le cinquième Aguirre ‘Langosto’ lui avait fait comprendre que le chemin serait long pour devenir une figura et que les toros seraient là pour lelui rappeler.

Il avait enfin réussi à devenir ce qu’il avait sûrement rêvé d’être, et avait accompli ce rêve de tout torero: faire péter le verrou de la Grande Porte de Madrid. Il a fait rêver les aficionados en s’enfermant à Madrid seul devant 6 TOROS 6 de ganaderías prestigieuses réputées dures en ce dimanche 29 Mars 2015 où l’illusion était tellement grande que pratiquement 1/3 voire la moitié de Las Ventas était française. Oui, car Iván avait déjà conquis la France et par ce geste les Français voulaient le voir triompher. Quelle attente!!! Trop grande peut-être, mais ce n’est pas grave, ce geste là restera gravé dans la mémoire des aficionados.

Monsieur Fandiño nous ne vous oublierons pas, reposez en paix, vous avez marqué l’histoire de la tauromachie! Dormez tranquilement. Les aficionados d’Espagne, du Pays Basque, de France, d’Aire sur Adour sont tristes, c’était votre destin, c’est la vie malheureusement, elle est parfois cruelle.

Adishatz Iván

Photographie : Laurent Larroque

Laisser un commentaire